Vestibule, Maison Rouge
Cécile Granier de Cassagnac a développé une pratique multiple allant de grands formats à l’huile sur toile jusqu’à l’assemblage de petits insectes. Mais c’est par la pratique quotidienne du dessin, immédiate et spontanée, qu’elle élabore son langage plastique, constitué d’un ensemble de motifs récurrents. Oiseaux, maisons, insectes, arbres, mains construisent un bestiaire personnel, dicté par diverses modalités d’assemblage, pour donner vie à des organismes hybrides : volatile aux pieds gonflés, main-écorce, créature à trois jambes et bec en aile de papillon... Les petits dessins ainsi disposés en combinaisons variables, invitent à parcourir un infini jeu de glissements d’une forme à l’autre, du contour à l’informe.
Sous l’apparente ingénuité des gestes et des motifs, la sélection présentée dans le Vestibule nous fait entrevoir un univers pictural complexe, en tension constante entre inquiétude et ironie. A la fascination pour les oiseaux et les insectes se mêle une exploration inquiète du corps sous son jour le plus trivial, toujours morcelé, sous forme d’excroissance à l’animal, sous forme de viscères ou de fluides.
A travers la contamination des formes entre elles, se dégage un rapport ambivalent entre l’humain et la nature, dans une sorte de doute physiologique. A ce titre, la tâche est un motif omniprésent, tantôt corps, excroissance, dégagement...